UN “ZOOM ” SUR LA POLICE DE LA VILLE DE QUÉBEC
Le travail d’un policier est fascinant, beaucoup de jeunes rêvent en effet de devenir policier. Sait-on vraiment quelles sont les responsabilités d’un policier? Comment se déroule sa journée de travail? Est-ce que son travail est source de stress? J’ai voulu le savoir et la police de Québec a accepté de répondre à mes questions par la voix du constable François-Y. Bouchard de son service des Communications. Je le remercie au nom de tous ceux qui liront mon reportage.
Si je résumais l’entrevue en quelques phrases que m’a dites monsieur Bouchard, ce serait ce qui suit : « Un policier voit dans une seule année ce que la majorité des gens ne verront même pas dans toute leur vie. Combien de personnes ont déjà vu un enfant mourir dans leurs bras à la suite d’un accident par exemple? Combien de personnes ont déjà été confrontées de près à un suicide? Combien de personnes sont arrivées dans une résidence alors qu’un individu venait de battre sa femme au point de la défigurer? Combien de personnes ont eu à intervenir à la suite d’une agression sexuelle? »
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Nous voyons souvent François-Y. Bouchard au petit écran, car il est l’un des porte-parole de la police de Québec lorsqu’il se produit des événements médiatisés. Le présent reportage a pour but de vous faire connaître de l’intérieur le vrai travail de l’un des 800 policiers de la Ville de Québec. |
Ce n’est pas l’histoire personnelle de François-Y. Bouchard qui est racontée ici, mais la vie de tous les jours des policiers d’un corps de police bien organisé où chacun a ses responsabilités pour assurer le bien-être de la population de la Vieille Capitale. Vous découvrirez que le travail d’un policier, ce n’est pas uniquement de donner des « tickets », même s’il doit le faire à l’occasion. La fonction de policier exige une formation poussée. Il doit exécuter une panoplie de tâches pour assurer la sécurité des citoyens en faisant en sorte que ceux qui commettent des crimes soient mis à l’écart de la société.
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Nous voyons ici François-Y. Bouchard, agent aux communications du Service de police de la ville de Québec, lors de la cérémonie de remise des médailles et citation d'honneur le 14 mai 2009. |
FORMATION : Au Québec, la formation des futurs policiers est assurée par 11 CÉGEPS qui offrent un cours de 3 ans réparti en 6 sessions en techniques policières. On apprend aux futurs policiers par exemple, la sécurité routière, le Code criminel, la criminologie, l’auto-défense, l’éducation physique adaptée au travail d’un policier, la conduite d’une auto, les interventions à haut risque, comment rédiger un rapport, etc. À la suite de cette formation de 3 ans, le futur policier se doit de faire un stage de 13 semaines à l’École de police de Nicolet après quoi il obtient son diplôme de policier. Les policiers peuvent maintenant suivre des cours de degré universitaire en gestion policière par exemple.
PRÉALABLE : Il n’est plus nécessaire de mesurer 6 pieds et de peser plus de 200 livres pour devenir policier, les exigences ayant considérablement diminué à ce sujet. Les candidats doivent cependant réussir une série de tests au niveau médical et au niveau physique. On leur fait passer des entrevues spécialisées et on fait une enquête sociale à leur sujet. Si un policier doit maîtriser un criminel de forte taille et pas trop coopératif, il peut utiliser une panoplie d’armes intermédiaires comme le poivre de Cayenne, le bâton télescopique; le policier a aussi appris comment faire des points de pression sur une personne pour pouvoir la maîtriser.
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Un policier de la Ville de Québec dirigeant la circulation. |
POSSIBILITÉS D’EMPLOIS : Ceux et celles qui ont maintenant leur diplôme de policier se trouvent facilement un emploi dans l’un ou l’autre des corps policiers du Québec, que ce soit pour une Ville, pour la SQ, la GRC. Selon monsieur François-Y. Bouchard, plus de 90 % se trouvent un emploi à la fin de leurs études. Je lui ai demandé s’il conseillait à un futur policier de commencer sa carrière dans un plus petit corps de police et il m’a répondu ceci : « Le travail est le même, c’est le volume qui change. Une plainte de violence conjugale, c’est identique quel que soit l’endroit, c’est la même façon de travailler, même si chaque policier a sa propre méthode. Ce qui est important, c’est d’atteindre les objectifs. Ce qui va changer aussi selon l’importance du corps de police, c’est au niveau de l’avancement et du changement d’affectation ».
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Une policière de la Ville de Québec donnant une conférence à des aînés. |
LE PREMIER JOUR DE TRAVAIL : Je lui ai aussi demandé ce que faisait un nouveau policier le premier matin qu’il se présente à Québec comme nouveau policier. Il m’a dit ceci : « Tout d’abord, un nouveau policier ne commence jamais seul. Cette année par exemple, la Ville a engagé 25 nouveaux policiers. La première semaine, c’est de l’induction, on leur apprend les rudiments du travail policier. Ils doivent apprendre les méthodes de travail du corps de police de Québec, le fonctionnement du système terminal-véhiculaire, comment rédiger les rapports, etc. Chaque unité se présente devant eux pour leur donner de l’information. En ce qui concerne les communications, soit moi-même ou un de mes collègues se présente devant eux pour leur fournir de l’information pour qu’ils sachent comment réagir si un journaliste se présente devant eux par exemple ».
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Nous voyons sur cette photo un groupe de recrues au sein de la police de Québec en 2009 en compagnie de monsieur François Picard, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec. |
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Photo prise lors de l'assermentation des nouveaux policiers. Dans l'ordre, monsieur François Picard, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, une recrue 2009, ainsi que monsieur Serge Bélisle, Chef de police de la Ville de Québec. |
CONNAISSANCE DE LA VILLE:
Si un nouveau policier est appelé sur une urgence, faut-il qu’il connaisse bien la Ville? Dans chaque véhicule, il y a un système d’assistance cartographique. Il faut savoir qu’il y a 4 postes de police dans la Ville de Québec et chaque poste couvre deux arrondissements. Chaque policier travaille toujours dans le même secteur. Ils apprennent à connaître facilement les grandes artères de leur territoire.
HIÉRARCHIE : Un peu comme dans l’armée, il existe différents titres selon les responsabilités de chacun et les voici :
a) Constables : Ce sont les policiers qui patrouillent la Ville et qui répondent aux différentes plaintes des citoyens.
b) Caporaux : De 5 qu’ils étaient, ils ne sont plus que trois. Ce grade sera remplacé par celui de sergent.
c) Sergents : Un sergent supervise les patrouilleurs sur la route. Un sergent peut aussi être responsable d’une unité spécialisée comme la section intervention jeunesse.
d) Lieutenants : Un lieutenant est un officier qui est en charge d’une équipe de travail ou d’une unité d’enquête.
e) Capitaines : Un capitaine est en charge d’une division.
f) Inspecteurs : Un inspecteur est un commandant qui a la responsabilité d’un poste de police; il est en charge de tous les patrouilleurs. Un inspecteur peut aussi être en charge des enquêtes internes.
g) Directeur adjoint. Trois inspecteurs sont adjoints au directeur de police.
h) Directeur.
Dans un corps de police, il existe deux branches, soit celle de la gendarmerie et celle des enquêtes. Il faut donc ajouter dans la hiérarchie les titres suivants : sergent-détective; lieutenant-détective; capitaine-détective. Un policier peut devenir détective. Il doit cependant postuler sur un concours lorsqu’un poste est offert à l’interne.
Sur les lieux d’un crime par exemple, le sergent-détective est en charge ce qui signifie qu’il est en autorité sur le constable. Dans la vie de tous les jours par exemple, suite à une plainte ou un événement quelconque, le constable écrit son rapport suite à ce qu’il a constaté, il transmet son rapport à son lieutenant qui en prend connaissance et l’approuve. Une copie de ce rapport est adressée à l’analyste aux enquêtes, ainsi qu’au lieutenant détective, lequel assigne le dossier à un sergent-détective.
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Il y a des moments plus agréables dans la vie d'un policier. Sur cette photo, une rencontre avec un citoyen de la Ville de Québec. |
LA JOURNÉE DE TRAVAIL D’UN POLICIER : Quand un policier commence sa journée de travail le matin, il ne sait pas à l’avance ce qu’il fera. Il se présente d’abord à la parade (un briefing). Les policiers sont assis comme dans une salle de classe, un peu comme dans des films policiers, et ils écoutent les consignes du lieutenant et du sergent. Le lieutenant explique ce qui s’est passé depuis 24 ou 48 heures alors que le sergent va assigner le secteur de travail à chaque policier et leur indiquer à quelle heure ils pourront aller manger. Règle générale, les policiers ont toujours le même secteur de travail et ils ont le même partenaire. Comme m’a dit monsieur Bouchard : « Un policier passe jusqu’à 9 heures dans le même véhicule avec un autre policier, c’est important qu’ils s’entendent bien entre eux ».
Les policiers seniors ont comme un privilège, soit le traitement des plaintes en différé. Par exemple, un citoyen revient de vacances à l’extérieur et il découvre que son cabanon a été dévalisé et qu’il s’est fait voler deux vélos. Il fait un appel au 911. L’opérateur du 911 va lui donner un rendez-vous tel jour, telle heure. Lorsque ces policiers seniors commencent leur journée de travail, on va leur assigner ce genre de dossiers. Ils vont rencontrer les citoyens et rédigent un rapport.
Les policiers de Québec travaillent 21 jours sur 35. Ils travaillent 3 jours avec 2 jours de congé, ils travaillent 3 soirs avec 2 jours de congé, ils travaillent 3 nuits avec 2 ou 3 jours de congé. Ils commencent ensuite un autre cycle de 4 jours, 4 soirs, 4 nuits. Leur horaire est le suivant : de 7 heures à 16 heures, de 15 heures à minuit, de 23. 30 heures à 7.45 heures. Contrairement à ce que plusieurs citoyens pensent, il n’y a pas de vide entre deux horaires de travail. Par exemple, entre 15 heures et 16 heures, deux équipes de travail sont présentes au même moment.
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Le travail d'un policier est très varié. Sur cette photo, une unité de recherche en forêt à l'oeuvre. |
URGENCES : » J’ai demandé à monsieur Bouchard quel événement peut autoriser un policier à actionner ses gyrophares, à rouler à grande vitesse et à passer sur les lumières rouges. Il m’a dit ce qui suit : « Quand il y a un danger pour la vie ou encore, s’il est possible de prendre quelqu’un en flagrant délit. Il faut toujours conduire avec célérité et prudence. Avant de passer sur un feu rouge, il faut que ce soit sécuritaire. Ce qui est regrettable, c’est qu’on dirait que certaines personnes sont distraites et ne comprennent pas qu’il y a une urgence et que les policiers veulent passer. Il y en a par exemple qui appliquent les freins au lieu de se ranger sur le côté en réduisant leur vitesse. »
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Maître chien du Service de police de la Ville de Québec à l'oeuvre. |
INCENDIE MAJEUR : Lorsqu’il y a un incendie majeur, tout le monde arrive sur les lieux en peu de temps, soit les pompiers, les policiers, les ambulanciers. . . Et aussi les curieux. Tout le monde sait ce qu’il a à faire et j’ai demandé à monsieur Bouchard comment ils arrivent à une telle coordination. Voici ce qu’il m’a dit : « Toute cette coordination vient évidemment avec l’expérience, mais le travail du policier c’est d’abord de faciliter aux pompiers l’accès au lieu de l’incendie en érigeant un périmètre de sécurité. Si un véhicule d’un citoyen par exemple s’approchait de l’incendie, il pourrait endommager un boyau et couper l’approvisionnement en eau. Un sergent est toujours sur les lieux pour superviser le travail. Il va dire à tel policier par exemple, bloquez-moi telle rue. Le sergent est à la disposition du chef pompier pour agrandir le périmètre de sécurité si nécessaire ».
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C'est le Centre d'urgence 911. |
CODE CRIMINEL : Le Code criminel, c’est une brique comprenant des milliers d’articles et chaque policier doit en avoir une bonne connaissance et une bonne compréhension. Il doit connaître ses pouvoirs en fonction d’un article, quel qu’il soit. Monsieur Bouchard m’a fourni l’exemple suivant : « Il est 3 heures du matin et un policier voit une personne faisant un graffiti sur le mur d’un édifice. Le policier se doit immédiatement de savoir qu’endommager un mur avec de la peinture, c’est un méfait. Le policier peut procéder à l’arrestation d’une personne qui est en train de commettre un acte criminel en utilisant la force nécessaire pour maîtriser cette personne. Si cette personne se sauve, il a le droit de courir après. Si la personne résiste et veut frapper le policier, il a le droit d’utiliser une arme intermédiaire ou encore la force pour le maîtriser, mais il n’a pas le droit une fois que le suspect est menotté de le frapper. L’usage de la force cesse lorsqu’il n’y plus de menace. »
Comme autre exemple, un individu reçoit un coup de poing au visage et le policier constate une petite rougeur. Il va prendre une photo et le responsable sera accusé de voie de fait simple. Lorsqu’il a l’assurance que le prévenu va se présenter devant le Tribunal, il doit le remettre en liberté. Si par contre la victime a le nez fractionné et que ça saigne, l’accusation sera plus grave, ce sera voie de fait avec lésion. Le policier peut alors garder le responsable en détention et le faire comparaître le lendemain matin. Il a aussi le choix de le libérer avec promesse de comparaître. L’individu sera alors convoqué devant le Tribunal à une date ultérieure, mais deux semaines avant cette comparution, il devra se présenter au poste de police pour la prise d’empreintes.
Le Code criminel comprend de nombreuses sections, que ce soit pour un crime contre la personne ou contre la propriété. On y retrouve par exemple, la Loi sur les stupéfiants, la Loi sur les aliments et drogues, sur l’identification des criminels, sur les crimes sexuels, les armes à feu. Il y a aussi tous les arrêts comme l’arrêt Finney qui régit le droit pour un policier d’entrer dans une résidence pour faire une perquisition. Ça prend un mandat pour entrer et un autre pour faire la perquisition. Ces mandats doivent porter la signature d’un Juge. Les policiers et les enquêteurs vont directement dans le bureau d’un juge pour obtenir cette signature.
Lorsqu’un accusé plaide non coupable, le policier doit aller témoigner en Cour et cela se produit quelques fois jusqu’à deux ans après le crime. Il est donc important que le rapport qu’il a rédigé à ce moment soit le plus détaillé possible, car il ne peut se fier uniquement à sa mémoire.
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Ici, c'est l'unité d'apparat du Service de police de la Ville de Québec. |
ALCOOL – DROGUE : Les policiers ont souvent à intervenir en vertu de l’article 253 du Code criminel qui stipule ce qui suit lorsque la capacité de conduire est affaiblie :
« Commet une infraction, quiconque conduit un véhicule a moteur, un bateau ou un aéronef, ou aide a conduire un aéronef, ou a la garde ou le contrôle d'un véhicule a moteur, d'un bateau ou d'un aéronef que celui-ci soit en mouvement ou non, dans un des cas suivants :
a. lorsque sa capacité de conduire ce véhicule, ce bateau ou cet aéronef est affaiblie par l'effet de l'alcool ou d'une drogue;
b. lorsqu'il a consommé une quantité d'alcool telle que son alcoolémie dépasse quatre-vingts milligrammes d'alcool pour cent millilitres de sang ».
Pour l’alcool, il arrive à l’occasion que ce soient des citoyens qui alertent les policiers lorsqu’ils voient un comportement anormal sur la route. Le policier va constater les faits, procéder à l’arrestation, faire passer le test de l’ivressomètre et soumettre son rapport à un enquêteur. C’est le procureur qui va décider si des accusations seront portées. Une personne qui a consommé de l’alcool en grande quantité dégagera d’abord une odeur d’alcool, aura les yeux vitreux avec des traces de sang, son élocution et ses gestes seront lents. Au niveau de la drogue, les symptômes seront les mêmes. Avec la cocaïne cependant, les gestes seront plus rapides, les pupilles dilatées. À Québec, deux policiers ont été formés aux États-Unis afin de détecter les types de drogues, le délai et la quantité en fonction des symptômes.
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Sur cette photo, un policier motard qui donne de l'information lors de l'opération "Bon pied, bon oeil". |
AUTRES INFRACTIONS : Tout le monde sait que le cellulaire au volant est maintenant interdit au Québec et tout le monde constate que trop d’automobilistes l’utilisent encore. Monsieur Bouchard a ajouté ceci : « Les gens savent que c’est interdit et ils regardent partout pour vérifier s’il y a une auto de police dans les environs. Il y en a même qui passent près d’une auto de police le téléphone à la main. » Le problème des autos bruyantes est un phénomène généralisé dans notre société. Les policiers en interceptent, mais contrairement à autrefois, ils reçoivent un avertissement et c’est lors d’une deuxième infraction qu’ils reçoivent une amende de 100 $. C’est la même chose pour les « scooters ». La police de Québec a maintenant une escouade spécialisée afin de sensibiliser les usagers à ne pas modifier leur véhicule. Le problème, c’est que ces personnes ont tellement investi pour modifier leur véhicule qu’ils préfèrent payer leurs contraventions.
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Un membre de l'unité d'apparat du Service de police de la Ville de Québec. |
À PROPOS DES CRIMINELS : J’ai demandé à monsieur Bouchard comment un policier réagissait lorsqu’il a fait condamner un criminel à 4-5 ans de pénitencier et qu’il le croisait dans la rue 6 mois plus tard. Voici ce qu’il m’a dit : « Un policier doit être comme un canard. En surface, il doit être calme et pausé même si ça bout en dedans. On doit respecter le système de justice si quelqu’un a pris la décision de libérer l’individu. C’est bien certain que comme policier, je vais le garder à l’œil ». Une autre question que je lui ai posée, c’est comment est-il possible qu’un criminel qui vient de purger une peine de quelques années de pénitencier se fasse prendre en commettant une nouvelle infraction â peine quelques semaines après sa sortie. Il a ajouté ceci : « Pour certains, c’est la facilité d’obtenir des biens sans avoir à se forcer qui prime. Personnellement, il y a une dizaine d’années, j’ai déjà procédé à l’arrestation du même individu trois soirs de suite pour alcool au volant. La 2e fois, je l’ai mis en cellule jusqu’à sa comparution et ce n’est qu’à la 3e arrestation qu’un Juge l’a gardé en cellule jusqu’à son procès. Une telle situation ne peut se poursuivre maintenant, car le véhicule est saisi pour 30 jours dès la première infraction. »
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Un policier de la Ville de Québec en mission de paix à Haïti. |
POLICIER ACCUSÉ : J’étais curieux de connaître la réaction d’un policier lorsqu’un collègue se fait prendre pour alcool au volant par exemple. Je me demandais si un policier y allait par solidarité ou s’il n’était pas plutôt gêné, car les médias en font souvent leurs choux gras. Monsieur Bouchard a été catégorique : « Un policier est un citoyen comme un autre. Il ne saurait être question de lui accorder un traitement de faveur. Je ne mettrais pas ma carrière en péril et je ne perdrais pas ma crédibilité en laissant passer un tel geste ».
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Policier du Service de police de la Ville de Québec en mission de paix à Haïti en compagnie de la gouverneure générale du Canada madame Michaëlle Jean et d'autres personnes. |
INTERVENTIONS À HAUT RISQUE : Les policiers de Québec sont formés pour intervenir efficacement s’il se présentait une intervention à haut risque à la suite d’un attentat par exemple ou sans le souhaiter, un événement comme à la Polytechnique. Les policiers prennent part à des simulations et ils reçoivent de la formation théorique et pratique. Au Collège Dawson à Montréal, les policiers sont entrés rapidement, car ce qui compte d’abord, c’est de mettre fin à la menace. C’est ce que feraient les policiers de Québec s’ils étaient face à un tel drame.
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Nous voyons ici une unité de contrôle de foule à l'entraînement lors d'une simulation. |
ÉVOLUTION DE LA TÂCHE DES POLICIERS DEPUIS 30-40 ANS : La grande différence entre un policier en 2009 et un policier dans les années 70-80, c’est d’abord au niveau de la formation. La technologie est maintenant au service des policiers. Dans chaque auto de police, il y a un ordinateur avec un système de répartition assistée ainsi qu’une imprimante pour imprimer les contraventions. Lorsqu’un appel entre au 911, l’opérateur crée une carte qui est transmise dans l’auto de police via un modem ou par les ondes radio. L’opérateur parle avec les policiers et les policiers se parlent entre eux. Avec la technologie, il est possible par exemple d’avoir une connaissance des gens auprès de qui on se prépare à intervenir. Le registre des armes à feu est consulté pour savoir si une arme à feu est enregistrée à cet endroit. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas s’il n’y a aucun enregistrement, mais si une arme est enregistrée, vaut mieux le savoir avant d’arriver.
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C'est l'intérieur d'une auto de police de la Ville de Québec. La technologie ne prend pas beaucoup d'espace, mais aucun policier ne saurait s'en passer. |
CHANGEMENTS DANS LA SOCIÉTÉ : Je lui ai demandé s’il avait le pouvoir de changer un seul comportement dans la société, lequel il changerait. Il m’a répondu sans hésitation : « J’ai déjà donné des conférences dans les écoles au niveau des élèves de 4e année. J’ai toujours insisté fortement sur le RESPECT, que ce soit le Règlement de l’école ou toutes les Lois que la société se donne. Les gens sont très individualistes et pensent d'abord à leur petit bonheur avant de penser aux autres. Celui par exemple qui conduit une auto bruyante pense d’abord à son petit bonheur, car il aime bien le bruit. Ce n’est pas grave pour lui de réveiller les enfants en pleine nuit, car tout ce qui est important pour lui, c’est le bruit de son moteur ou encore la musique forte dans son auto. Si tout le monde se respectait, la société n’aurait pas besoin de tant de Lois.
Crédits-photos : Jean-François Labrie : Zone911.com
Louise Bouchard, photographe amateur
La Ville de Québec
Normand Bellefeuille
Normand Bellefeuille
Éditeur
MENSUEL.ca
www.zone911.com (actualité policière en photos)
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