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Il est né artiste . . . il va mourir artiste . . . JEAN GAUDREAU DE QUÉBEC. . .

La plupart des gens décident de leur carrière après leurs études secondaires et souvent bien après. J’ajouterai même que c’est souvent le hasard ou le destin qui fait ce choix pour eux. Dans le cas de Jean Gaudreau, il savait très bien dès l’âge de 10 ans ce qu’il ferait dans la vie; il avait une vision très claire de son avenir, il serait artiste. Déjà à ce jeune âge, il dessinait et il peignait. Il n’a à aucun moment regretté son choix, car la peinture a toujours été sa passion et pas question pour lui d’envisager ne serait-ce qu’un petit moment de faire autre chose dans la vie, même pendant les années de vaches maigres qu’il a traversées.


Il faut dire que son enfance y a été pour quelque chose. Il m’a dit ceci : «Je suis né  dans une famille de classe moyenne et je n’ai manqué de rien. Ma famille était bien équilibrée. J’ai vécu dans un milieu d’encouragement. Les encouragements de ma mère m’ont donné cette confiance qui m’a permis de vivre de mon art. » Jean Gaudreau a deux sœurs qui vivent à Québec. Son père qui est décédé il y a une quinzaine d’années travaillait pour le gouvernement fédéral à la gare maritime. Sa mère qui est maintenant retraitée a enseigné pendant de nombreuses années.

C'est l'artiste peintre Jean
Gaudreau dans son atelier.



Après ses études secondaires et collégiales, il s’est inscrit à l’Université Laval de Québec en « Arts visuels »; cette discipline est aussi appelée « Arts plastiques ». Il faut se rappeler qu’autrefois,  on disait « Beaux Arts ». Les cours ne se donnaient pas sur le campus, mais bien à « La Fabrique » sur le boulevard Charest à Québec tout près des Copies de la Capitale. Je lui ai demandé ce qu’on lui avait enseigné pendant ces années. Il m’a répondu ce qui suit : « J’ai appris toutes les techniques comme le plâtre, la terre, la glaise, la sculpture, le dessin d’observation, le dessin technique, l’histoire de l’art. Il est important de savoir ce qui s’est passé ailleurs dans le monde comme en Europe et bien entendu ici au Québec. J’ai touché à tout, autant les arts visuels que les arts plastiques. Ces études m’ont aidé à développer mon esprit créateur. » Ayant débuté jeune, il savait beaucoup de choses évidemment, mais il était important pour lui de faire la rencontre d’autres artistes et d’apprendre  l’histoire de l’art. Il m’a dit avoir appris plein de choses importantes à l’université. Il a même ajouté : « J’ai aussi vécu de très beaux partys. »


Exposition du 6 mai au 2 juin 2010

Vernissage et lancement du catalogue intitulé LE PIED AU PLANCHER le jeudi 6 mai, 17h30

Inauguration de la Galerie Banque Nationale Groupe financier du Palais Montcalm sous la présidence d'honneur de monsieur le maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume.

Des autres étudiants, il dira ceci : « Nous étions seulement 35 à terminer. Dans certains cours, il arrivait que nous fussions seulement 6 ou 7 étudiants. La plupart de ceux qui étudiaient en Arts plastiques allaient ensuite faire un certificat en enseignement et se dirigeaient dans ce domaine. Je ne pourrais en nommer un seul qui a percé dans le même domaine que moi. La plupart à mon avis ont abandonné, font autre chose ou encore, ils enseignent. »  Il existe toujours une université quelque part dans le monde que tous les étudiants aimeraient fréquenter selon leur domaine d’études. Dans son cas, s’il en avait eu les moyens financiers, il aurait aimé étudier à Los Angeles, mais à plus de 20 000 $ par année, il était inutile d’y penser. Étant très débrouillard et motivé par sa passion, il a payé ses études en vendant ses tableaux.


Suivant l’exemple de Riopelle et de Jean-Paul Lemieux, il allait à l’île aux Coudres pendant l’été et il peignait des paysages de cet endroit et de Charlevoix et il vendait ses tableaux. Il peignait aussi des scènes de la vie ici à Québec qu’il vendait pendant ses vacances d’été aux touristes.


La vie n’a pas été facile pour lui à sa sortie de l’université. Il m’a confié ce qui suit : « Je vis comme un professionnel depuis environ 5 ans. Avant, j’étais en mode survie ». Il a commencé à préparer sa carrière dès l’université. Pour gagner sa vie avec la peinture, un peintre doit d’abord exposer. Il a donc tissé des liens avec des galeries et avec des collectionneurs. Il a monté des portfolios et les a présentés à des galeries, mais ce fut extrêmement difficile de vivre de son art pendant de trop nombreuses années. Mais jamais, au grand jamais, il n’a pensé à faire autre chose, ne serait-ce pour gagner quelques dollars afin de vivre plus décemment. Il avait confiance en lui et la vie lui a démontré qu’il avait eu raison de persévérer.

Sur cette photo, l'une de ses oeuvres intitulée : le dompteur de cheval.


Deux événements importants sont survenus dans sa vie  dont il est vraiment très fier. D’abord en 2003, il y a eu sa rencontre avec le Cirque du Soleil. Il a été invité par le Cirque  à participer à une exposition solo tenue à son siège social à Montréal; cela a duré un mois. Par la suite, le Cirque lui a commandé des tableaux qui font  maintenant partie de leur collection privée. L e Cirque lui a aussi acheté une série d’œuvres sur papier. Il a même participé à une exposition à l’occasion des 20 ans du Cirque à Baie-Saint-Paul en 2004. Les tableaux de Jean Gaudreau sont exposés à Las Vegas ainsi qu’au siège social du Cirque du Soleil à Montréal et aussi  dans les bureaux du Cirque. Le Cirque possède une collection d’environ 500 tableaux de différents artistes, dont Jean Gaudreau.

Jean Gaudreau connaît Robert Lepage depuis une dizaine d’années. Au sujet de Robert Lepage, il m’a dit ceci ; « J’ai toujours eu un bon rapport avec Robert Lepage. C’est un gars très correct, très simple et très humble. » Il a ajouté ceci : « En janvier 2009, son équipe de recherchistes m’a approché concernant la nouvelle mouture du moulin à images. J’ai un contrat de 3 ans avec eux. Je leur ai cédé mes droits d’auteur pour qu’ils puissent projeter mes œuvres. Ils ont fait un montage et ils projettent mes œuvres sur les silos à grain à environ 5 minutes de la fin du spectacle et ça donne un résultat extraordinaire. Ma photo apparaît sur le gros silo et mes œuvres sont projetées sur les autres silos. C’est une grande fierté pour moi. »

Cette photo a été prise pendant une projection du Moulin à images de Robert Lepage au cours de l'été 2009.



Je lui ai demandé où il prenait son inspiration. Il m’a répondu ceci : « Je m’inspire beaucoup du Cirque. Il y a quelques années, j’ai été le compagnon de vie de Christiane Bélanger(1) qui possède une école de danse ici à Québec. J’aime m’inspirer des corps dans l’espace. J’aime organiser des « shootings » de photos avec des modèles du Cirque ou de la danse dans le but de créer; ça devient des sources d’inspiration. Je peux voir une photo et dessiner à  partir de cette photo. » Concernant ses outils de travail, il m’a mentionné l’acrylique, le pastel, l’huile, le collage, le multi média; il utilise tous les matériaux qui lui tombent sous la main.

Une autre de ses oeuvres : ligne de départ.

 

Sa vie de tous les jours, c’est comme une petite PME à ce qu’il m’a dit. Il a ajouté ceci : «Je consacre une partie importante de mon temps à la réalisation de mes œuvres, évidemment.  Je gère mes appels, j’ai des rencontres, je prépare un catalogue d’une quarantaine de pages qui sortira bientôt. Il faut que j’achète mes matériaux pour la production de mes toiles, que j’organise le transport de mes tableaux dans différentes galeries. Un camion vient tous les 15 jours chercher mes œuvres afin de les transporter ailleurs. J’ai un contact aux États-Unis qui fait la promotion de mes œuvres, mais il demeure que les galeries qui vendent la plupart de mes œuvres se situent au Canada, soit à Montréal, à Toronto, à Vancouver. » 

L'oeuvre sur cette photo, c'est : dispersion.

Un artiste comme lui doit bien avoir certains projets. En plus de la production prochaine d’un catalogue, il tiendra une grosse exposition au Palais Montcalm d’avril à juin 2010. Il a aussi été choisi par la Place de la francophonie dans le cadre des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver afin de représenter le Québec.  Ses œuvres seront projetées sur une scène et elles seront vues par 20 000 personnes par jour.

L'artiste peintre Jean Gaudreau en plein travail.


Jean Gaudreau est de plus en plus connu et les médias s’intéressent de plus en plus à lui. Il est souvent l’objet de reportages, que ce soit de la presse écrite, de la radio ou de la télévision. À titre d’exemple, sa collaboration avec le Moulin à images de Robert Lepage lui a valu quelques reportages dans les différents médias, dont Le Soleil de Québec. La journaliste Alexandra Perron a écrit ce qui suit : « Tout l’été et jusqu’au 13 septembre, les couleurs franches des tableaux de Jean Gaudreau dansent sur les silos de la Bunge. L’artiste peintre de Québec s’est vu offrir comme un cadeau cette présence dans la nouvelle mouture du Moulin à images de Robert Lepage et voit déjà un effet de cette visibilité. 

Une autre de ses oeuvres : dualité.


Il aime bien voyager, ayant eu l’occasion de se rendre entre autres à Paris, à Lausanne, à Bruxelles, à Venise. Il en profite pour visiter des musées et des expositions. À la question suivante : « Quel endroit tout le monde devrait voir une fois dans sa vie », il m’a répondu sans aucune hésitation :« New York. »

Cette oeuvre, c'est : trilogie.



Bien qu’il soit un amoureux de la Ville de Québec, il s’est expatrié à Montréal entre 2000 et 2004. Il a eu un atelier coin Saint-Laurent et Ontario, mais il était bien heureux de revenir vivre à Québec. Son endroit préféré à Québec, c’est le parc Montmorency près de la côte de la Montagne et aussi le petit parc près du Château Frontenac d’où on peut voir à la fois Lévis et l’île d’Orléans. Il n’a que de bons mots pour le maire Labeaume lequel est très dynamique. Concernant le projet du maire de Québec de moderniser l’image de la Ville de Québec, il m’a dit : « On est rendus là. » Il trouve normal que ce travail ait été confié à un étranger, car le maire s’est fié à la compétence d’un homme qui a fait ses preuves à travers le monde. Ce qui est important selon lui, c’est que l’argent soit bien investi.

L'artiste dans un moment de réflexion.

Il ne croit pas que la venue éventuelle d’une franchise de la LNH ait comme résultat de détourner l’argent de la Culture et des Arts vers le hockey. Tout s’attache ensemble selon lui. Il a ajouté ceci » : « Dans une société, quand on mène un projet à terme, ça ne peut faire autrement qu’être bénéfique. Ça manque à Québec une infrastructure sportive majeure. On a prouvé avec le 400e qu’on pouvait attirer des foules; Québec est très connu. »

Sa plus grande fierté dans la vie : « Avoir choisi son métier d’artiste. »

Son site internet : http://www.jeangaudreau.com/


 
J’étais tellement convaincu que son art était la seule passion de sa vie, que je ne lui avais pas posé la question.  J’aurais dû,  car il  a une autre passion, l’horticulture. Il possède derrière sa résidence qui lui sert aussi d’atelier un magnifique jardin d’eau.  Ce jardin prend tout l’espace de son très grand terrain; il a même vendu sa tondeuse à gazon. 

Quand je suis allé chez lui pour ce reportage, la neige recouvrait le sol, mais j’ai pu voir l’étang à moitié gelé dans lequel vivent une centaine de carpes japonaises à longueur d'année, même en hiver. Ce jardin comprend entre autres deux cascades, une sous un pommier et une autre sous un pont japonais.
 
 

Il est bien fier d’avoir créé à partir de rien une véritable oasis de verdure extraordinaire en pleine ville.  Depuis 10 ans, il a planté une quarantaine d’arbres ainsi que de nombreuses fleurs vivaces. Son atelier donne sur ce jardin. La fenêtre fait presque tout le mur de sorte que son atelier est super bien éclairé tout naturellement.

 


Il est encore bien jeune et ses plus belles années sont devant lui. Les grands peintres dans l’histoire ont acquis la célébrité souvent à un âge avancé quand ce n’est pas à la suite de leur décès. Retenez bien son nom, car un jour on ajoutera le nom de JEAN GAUDREAU à la liste des grands peintres québécois.

Crédit photos : Jean Gaudreau

Normand Bellefeuille

Éditeur

MENSUEL.ca 

Courriel : mensuel@live.ca

(1) Christiane Bélanger est la fondatrice du Ballet de Québec et de la compagnie Christiane Bélanger. Nous avons publié un reportage la concernant. Pour voir ce reportage, cliquez I C I.

 

   

 

 

 

 

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