DE BRATISLAVA À SAINT-NICOLAS . . . MARIAN STASTNY SE RACONTE. . .
Ce n’est qu’à l’âge de 13 ans qu’il a été invité pour la première fois à jouer au hockey sur une patinoire intérieure, ce qui est resté quelque chose d’inoubliable pour lui. Quinze ans plus tard, il a quitté son pays, la Tchécoslovaquie, pour venir jouer dans la ligue Nationale de Hockey pour les Nordiques de Québec. Il a joué pour cette équipe professionnelle pendant 4 ans en compagnie de ses frères Peter et Anton. C’est sur une patinoire extérieure qu’il a appris à patiner et à jouer au hockey. Il y avait 3 rues et au milieu, un terrain qui servait de patinoire en hiver et de terrain de soccer en été. Il faut dire qu’à cette époque pas si lointaine, dans son pays natal, il était possible d’avoir des patinoires extérieures de la fin de novembre à la fin de février. Avec les changements climatiques, cette période froide dure environ 3 semaines maintenant.
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Il y a une vie après le hockey. Pour sa part, Marian Stastny est devenu un homme d'affaires averti car il possède un terrain de golf, un restaurant et un hôtel. Il est ici photographié dans son bureau qui est situé dans son hôtel. |
Les plus jeunes ne savent peut-être pas, mais le parti communiste a dirigé de force les pays de l’Est de l’Europe après la deuxième guerre mondiale. En Tchécoslovaquie, c’est en 1948 que ce régime s’est implanté par la force. Avec ce parti, il n’y avait pas de démocratie. Le parti décidait tout pour le peuple. Marian Stastny m’a dit ceci : « La majorité des gens n’étaient pas d’accord avec ce régime. Les communistes n’ont jamais gagné une vraie élection. Ce qu’ils appelaient une élection n’avait rien à voir avec les élections que nous connaissons ici, car ces élections étaient truquées. Tout le monde se demandait comment ce système pouvait fonctionner. Les gens pouvaient voir que l’intérêt, la créativité, l’effort et la détermination étaient à zéro ».
Que savons-nous de Bratislava? C’est une ville industrielle d’environ un demi-million de population, un peu comme Québec. D’ailleurs la compagnie pour laquelle il a joué au hockey produisait des engrais et aussi de la dynamite pour fins industrielles comme pour les mines. Son équipe, bien que de calibre inférieur aux équipes de la Ligue Nationale de Hockey, comptait dans ses rangs des joueurs du même calibre que les joueurs d’ici.
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Marian Stastny est le 3e d’une famille de 6 enfants. Son père travaillait dans la construction de barrages. Nous connaissons tous Peter et Anton qui ont évolué pendant de nombreuses saisons pour les Nordiques de Québec. Il y a aussi Vladimir qui a 64 ans. Il est professeur d’éducation physique dans une université alors qu’un autre de ses frères est ingénieur dans la construction. Les deux vivent en Europe. Une sœur, la 6e de la famille, vit à Bratislava. |
Marian Stastny est père de 3 enfants, soit deux filles et un garçon. Ses deux filles, Eva 35 ans et Yanka 30 ans, collaborent à l’entreprise familiale. Son fils Robert a 32 ans. Il termine ses études à l’Université McGill en éducation physique après avoir étudié le droit à l’Université Laval à Québec. Il travaille actuellement en Europe pour la Chambre de Commerce Internationale.
Marian a quitté son pays natal le 4 juin 1981 à l’âge de 28 ans. Il est retourné pour la première fois le 20 novembre 1989 suite à la chute du mur de Berlin. Je lui ai demandé comment était sa vie quand il était jeune. Il m’a répondu ce qui suit: « Quand tu ne faisais pas de politique, quand tu n’attaquais pas le régime, la vie était bien tranquille. C’était difficile par exemple de voyager dans l’Ouest, ça prenait beaucoup de paperasse, c’était décourageant ». Après la fin de sa carrière avec les Nordiques, il est allé en Suisse pendant 3 ans d’abord comme joueur de hockey et ensuite comme entraineur. Il était à Lausanne lorsqu’il a entendu à la radio ce qui se passait en Allemagne et en Hongrie. Il s’est alors dit que ce n’était qu’une question d’heures ou de jours pour que ça se passe en Tchécoslovaquie. Il était convaincu depuis longtemps que ça arriverait un jour. Il dit avoir travaillé ici comme activiste pour donner le courage aux slovaques à la maison de ne pas se laisser détruire par un régime. Il a été encouragé par les négociations entre le président Reagan et Gorbatchev. Même du temps du prédécesseur de ce dernier, on pouvait penser que quelque chose arriverait. Désormais, il peut retourner quand il veut dans son pays natal, il y est encore retourné récemment, mais son chez-soi c’est maintenant ici à Saint-Nicolas. Le système là-bas est le même qu’ici au Canada. La crise a atteint son pays natal au début de 2009 mais auparavant, il y avait beaucoup d’opportunités.
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Marian Stastny parle un excellent français. Il m’a dit : « Quand je suis arrivé à Québec en 1981, j’ai appris l’anglais car c’était la langue de travail dans la Ligue Nationale de Hockey. Quand je suis allé en Suisse romande où j’ai été joueur et entraineur, il n’y avait pas d’anglais et j’ai été très heureux d’apprendre le français ». Il est ici photographié dans une des 19 chambres de son hôtel.
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Je lui ai demandé s’il aimerait encore jouer dans la LNH s’il avait 20 ans. Il m’a répondu : « C’est certain que j’aimerais encore jouer dans la LNH car tout joueur veut aller le plus loin possible. C’est la meilleure ligue de hockey au monde. J’ai été fier de jouer pour beaucoup moins d’argent qu’aujourd’hui; j’étais content de mon salaire. Les salaires actuels, c’est tout simplement une évolution par rapport à ce qui existait ». Il y a un an, j’ai arrêté de chausser les patins à cause de quelques douleurs aux genoux mais je vais reprendre cette activité avec mes amis de Québec ». Quand il était jeune, Marian Stastny a participé à des minis compétitions de vélos avec des amis. Il a aussi joué au baskett.
Entre la Suisse et le golf, il a pris de longues vacances pour une période d’environ 5 ans. Il s’est beaucoup occupé de ses enfants et il a voyagé en Amérique et en Europe. Il possédait déjà sa propriété de Saint-Nicolas et il s’est dit qu’il faudrait bien qu’il fasse quelque chose car il trouvait le temps un peu long. Sa terre était alors en friche et il a pensé un moment devenir "gentleman farmer" avant de réaliser que ce serait difficile de réussir dans ce domaine. Un ami lui a suggéré de construire un terrain de golf et il s’est dit : « Moi construire un terrain de golf, mais je suis à peine capable de frapper une balle. J’ai aussitôt rejeté l’idée ».
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Cette idée a quand même mûri dans sa tête jusqu’au jour ou il s’est dit qu’il pourrait le faire en s’associant avec des professionnels pour faire les verts et donner les cours. Il s’est alors dit que les propriétaires des équipes de la LNH ne sont pas nécessairement des joueurs. Trois ans plus tard, le terrain de golf ouvrait. En 2009, ce sera le 15e anniversaire de l’ouverture du terrain de golf. |
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En 2000, il a eu son permis pour la construction de l’hôtel. Cet hôtel sert pour monsieur et madame tout le monde, pour les touristes, il y a aussi des mariages, des réunions de compagnies, etc. C’est un hôtel de 19 chambres. De l’extérieur, c’est une très belle bâtisse qui a beaucoup de charme de par son architecture et son aménagement. J’ai visité deux chambres. Elles sont très coquettes et décorées avec goût. Au rez-de-chaussée, il y a un très grand salon qui donne accès aux chambres. C’est une pièce décorée avec beaucoup de goût, une invitation au calme et au repos. |
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Ça prend une équipe pour faire fonctionner un terrain de golf, un hôtel. Le restaurant est sous concession. Il vient de s’associer à Howard Johnson. La femme de Marian Stastny que nous voyons sur la photo, Eva Malinovska, est une partenaire de tous les instants. Elle s’occupe particulièrement de la boutique du professionnel et de la billeterie. |
Marian Stastny a un gros projet de développement domiciliaire car il possède du terrain en friche autour du golf. Il travaille actuellement avec son architecte. Il a mentionné : « Ce sera quelque chose de différent de ce qui existe ailleurs. Ça va être beau, esthétique, écologique. Ce projet sera motivé par le passé avec des matériaux modernes ».
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L'Hôtel est vraiment charmant, que ce soit de l'extérieur, dans les chambres, ou ici dans l'immense salon du rez-de-chaussée qui donne accès aux chambres de cet étage. C'est un endroit vraiment unique. |
Quand il était enfant, son rêve était de devenir conducteur de locomotive afin de faire fonctionner le klaxon. S’il avait réalisé son rêve, les Nordiques auraient manqué un très grand joueur de hockey. A la question à savoir si Québec aura une autre chance dans la LNH, il m’a répondu : « J’espère bien qu’on va revivre les Nordiques à Québec, car les gens sont de grands connaisseurs; nous habitons un pays de hockey. C’est un peu étrange que dans des villes américaines, on se contente de jouer devant des foules inférieures à 10000 personnes ».
Je lui ai demandé ce qui l’avait rendu le plus fier dans sa vie. Il m’a dit : « J’ai d’abord été fier d’être capable de jouer au hockey et d’être respecté par mes coéquipiers quand j’ai joué pour Bratislava et aussi pour la Tchécoslovaquie. J’ai aussi été très fier de jouer pour les Nordiques avec mes deux frères. Nous étions parmi les 5 meilleurs buteurs de la LNH. Je suis aussi très fier de célébrer cette année le 15e anniversaire du golf ».
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| Tout près du stationnement, un magnifique étang a été aménagé, ce qui a permis d'utiliser de nombreuses grosses pierres. A droite, le restaurant qui est sous concession avec Howard Johnson. |
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Au sujet de la crise économique, il croit qu’on nous fait plus peur que la réalité. On parle tellement de la crise, que tout le monde fait attention. Il a beau regarder autour de lui, il ne voit pas de gens qui souffrent. Il a ajouté : « Si les gens serrent trop la vis, ça va créer une autre crise ».
Son opinion sur Barack Obama : « Il est brillant, intelligent et il a un idéal et une vision très intéressante. Il est beaucoup mieux que Bush qui a bâti sa stratégie sur l’insécurité ».
Normand Bellefeuille
Éditeur
MENSUEL.ca
Crédit-photos: Marian Stastny et Normand Bellefeuille
Hôtel - Golf Stastny
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