UNE BELLE RENCONTRE AVEC UNE PROFESSIONNELLE DE L’INFORMATION, JULIE DROLET ANIMATRICE DU TÉLÉJOURNAL DE RADIO-CANADA À QUÉBEC. . .
Si je devais vous raconter la vie de Julie Drolet en seulement quelques phrases, je pourrais d’abord vous dire qu’elle est l’aînée d’une famille de 8 enfants. J’ajouterais aussi que son père est médecin spécialiste et qu’il a aussi été « gentleman farmer », qu’elle est devenue indépendante toute jeune poursuivant ses études universitaires tout en travaillant à temps plein et que sa première présence devant la caméra a été traumatisante pour elle. Je l’ai rencontrée dans les studios de Radio-Canada à Québec et elle a répondu avec la plus grande franchise et beaucoup de gentillesse à chacune de mes questions. Voici donc son histoire de vie que j’ai trouvée fort intéressante.
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Julie Drolet est née à l’hôpital Sainte-Justine à Montréal alors que son père était encore étudiant en médecine à Montréal. Ses parents étant tous les deux originaires de la Ville de Québec, ils sont ensuite venus s’y établir. Par la suite, son père a eu l’opportunité d’aller étudier à Paris. Sa mère qui était enseignante a pris un congé et la petite famille qui ne comptait alors que deux enfants, Julie et son petit frère, s’en est allée à Paris amenant même la gardienne avec eux. À leur retour, ils se sont installés sur une petite ferme sur le bord du fleuve à Lotbinière. Son père voyageait matin et soir à Québec pour venir prendre soin de ses malades à l’hôpital. |
La famille s’est rapidement agrandie; Julie a une sœur qui est agronome et qui a épousé un producteur laitier, une autre de ses sœurs est ingénieur forestier à La Tuque et elle travaille dans un milieu complètement masculin, une autre est enseignante ici à Québec, un de ses frères étant décédé à l’âge de seulement deux ans. Julie Drolet fait donc partie de l’une des dernières grosses familles du Québec. Son père qui est hémato-oncologue à l’Hôtel-Dieu de Québec a maintenant 70 ans et il pratique encore la médecine. Parlant de sa mère, Julie a dit ce qui suit : « Ma mère est très allumée. Elle a fait des études en philosophie et en linguistique. Elle a aussi enseigné le français à des immigrants au niveau collégial, mais sa priorité a été d’élever sa grande famille, elle en avait plein les bras. Elle est un rat de bibliothèque. À la maison, nous avions une bibliothèque impressionnante. »
Elle a donc bien connu à la fois la vie à la campagne et ensuite la vie en ville. Les quelques années passées à la campagne ont à la fois permis à ses parents de réaliser un rêve et aux enfants de connaître autre chose. Ils ont élevé quelques animaux surtout l’été, comme un mouton une année, un porc une autre année, des poules, des lapins. Elle m’a dit ceci : « Nous avions de nombreux chats ainsi qu’un chien. Nous avions aussi un immense jardin. Étant l’aînée de la famille, j’avais beaucoup de travail. J’en ai changé des couches, j’en ai préparé des repas. » Lorsque Julie était en 3e année, la famille est revenue vivre à Québec. Son père était écoeuré de faire le trajet matin et soir dans sa Renault5 qui lâchait tout le temps. Ce n'était pas facile en hiver; il lui arrivait de devoir sortir par la fenêtre pour aller déblayer l’entrée afin de se rendre à son travail. Une fois revenus vivre à Québec, ils retournaient à la campagne les fins de semaine afin d’entretenir leur grand terrain.
Comme bien des jeunes, le destin a décidé de sa carrière, car son rêve de jeune fille était de travailler dans le développement international, ce qui lui aurait permis de voyager beaucoup. Il ne lui était jamais venu à l’esprit de faire carrière en information journalistique. La vie lui avait enseigné qu’elle devait faire sa part pour aider ses semblables. Elle a commencé ses études à l’Université Laval à Québec en sociologie et en anthropologie et elle les a poursuivies à l’Université de Montréal. Elle m’a dit ceci : « J’avais un esprit très rebelle et je suis devenue indépendante très jeune, n’étant plus à la charge de mes parents dès l’âge de 16 ans. J’ai donc poursuivi mes études tout en travaillant à temps plein dans une auberge de jeunesse. Chaque jour, il me manquait des heures pour faire ce que j’avais à faire. »
À Montréal, elle sortait avec un homme qui était cameraman. Elle lui a dit : « Ça semble payant ce que tu fais, je pourrais aussi le faire, ça aiderait à financer mes études. » Il lui a fait réaliser qu’elle ne l’avait pas du tout du côté technique et elle lui a répondu : « D’accord, mais la personne qui est de l’autre côté de la caméra, je pourrais faire cela moi. »
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Elle s’est vite cherché une école pour prendre une formation de base comme journaliste et elle s’est fait avoir. Elle a ajouté : « J’ai eu un coup de foudre. Radio-Canada a communiqué avec elle lui offrant un emploi en Saskatchewan. Elle a donc fait ses débuts comme lectrice de nouvelles à télévision française de Radio-Canada en Saskatchewan. Elle avait alors 23 ans.
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J’étais très curieux de savoir comment s’était passée sa première présence devant la caméra. Voici ce qu’elle m’a raconté : “Ce fut un pur cauchemar, j’étais terrorisée. J’animais le ‘Saskatchewan ce soir’ et j’étais entourée de journalistes professionnels et je ne voulais pas leur faire honte. J’avais un ‘baby face’, j’avais l’air d’une enfant. J’étais comme un robot, raide comme une barre. Mes mains tremblaient tellement que je les avais cachées sous mon pupitre, je ne voulais pas que les gens voient cela. Quand le bulletin a été terminé, toute l’équipe est entrée dans le studio en m’applaudissant, car je venais de casser la glace. Mes collègues savaient à quel point la première présence devant la caméra était difficile. J’ai alors fondu en larmes. Je suis entrée chez moi en me disant que je ne pourrais jamais faire ce métier si je ne voulais pas mourir du cœur. Les jours ont passé et j’ai fini par trouver ma zone de confort, j’ai dédramatisé et j’ai arrêté d’avoir peur. C’est maintenant exceptionnel quand j’ai du stress en ondes.”
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Julie Drolet est présentatrice du Téléjournal de Radio-Canada à Québec. Elle est en ondes du lundi au vendredi de 18 heures à 19 heures. Il s’agit d’un bulletin de nouvelles très complet qui comprend des nouvelles locales, régionales nationales et internationales en plus de nous renseigner sur les arts et le sport ainsi que sur la météo. Dans ce métier, ce poste est aussi appelé “Chef d’antenne”. |
Bien que ses journées de travail soient longues, elle adore son métier. Elle entre au travail vers 10 heures, mais elle a déjà accompli certaines tâches avant son arrivée. Tôt le matin, de sa résidence, elle a une conversation téléphonique avec l’affectatrice afin de déterminer les sujets du jour qui seront couverts par les équipes de reportages. Elle participe au choix des reportages du jour ainsi qu’à la façon de les couvrir. Elle fait aussi une lecture des journaux et consulte les sites internet qui traitent de l’actualité, toujours de chez elle. Lorsqu’elle arrive au studio, elle a déjà la tête pleine et a un bon portrait de la journée. Elle a ajouté ceci : “On me mettrait en ondes dès mon arrivée et je saurais quoi dire.” Tout au cours de la journée, elle doit vérifier ou les journalistes en sont rendus afin de savoir si d’autres informations sont nécessaires pour leurs reportages. Elle écrit le texte des bulletins de nouvelles avec son chef de pupitre avant d’aller en ondes pour être certaine que c’est bien clair. Au cours de la journée, elle enregistre plusieurs manchettes et participe à différentes réunions. Elle dîne devant son ordinateur tout en travaillant.
Je lui ai demandé ce qui lui était arrivé de pire depuis le cauchemar de sa première présence à l’écran en Saskatchewan. Voici ce qu’elle m’a dit : “Le pire qui peut arriver, c’est quand la technique lâche. C’est tellement compliqué du point de vue technique un studio de télévision, que chaque jour je considère comme un petit miracle que tout se déroule sans anicroche. Il y a deux ans, alors que j’étais en ondes, mon micro a arrêté de fonctionner, je n’avais plus aucun son. Je ne pouvais même pas dire qu’on allait aller à une pause et les techniciens n’ont pas réalisé immédiatement ce qui se passait. Au même moment, ma patronne faisait visiter la station à des gens du métier qui venaient d’un peu partout dans le monde en leur montrant comment on fait de la télé à Québec. Ils étaient une quinzaine en plus de la haute direction de Radio-Canada et tout ce beau monde était à deux mètres de moi. Bien que ce ne fût pas de ma faute, j’ai eu honte de ce qui arrivait et ma patronne a finalement dû expliquer que ça ne se passe pas ainsi habituellement.”
Je m'étais toujours demandé comment on peut faire un bulletin de nouvelles d'une heure et que ça dure toujours une heure précisément. Elle m'a expliqué qu'à la télé, on ne travaille pas en secondes, mais en "frame". Un "frame", c'est 1/20e de seconde, c'est hyper précis. Ils sont habitués de travailler avec un canevas pour chaque élément et c’est toujours chronométré. Ils font des estimés de la longueur des reportages qui peuvent être en direct et qui durent ordinairement environ deux minutes. Pendant la présentation du bulletin de nouvelles, on lui parle souvent dans l’oreille et ça ne la dérange pas du tout. Le genre de messages qu’elle reçoit, c’est par exemple : “rallonge ta présentation; change de caméra; déplace-toi vers la gauche, etc.” Il arrive même qu’on l’informe d’une nouvelle importante qui vient de se produire et elle doit en informer les téléspectateurs immédiatement. Bien qu’elle utilise un télésouffleur, elle m’a dit qu’il lui arrive souvent de modifier son texte pendant la présentation afin de se l’approprier. Elle a ajouté ceci : “Je ne veux pas avoir l’impression de lire un texte, mais de parler aux gens qui sont à l’écoute.”
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Julie est ici photographiée en compagnie de Renée Mercier, une collègue de travail de Radio-Canada. Madame Mercier est monteuse; elle travaille avec des logiciels de traitement des images. |
Au cours de la carrière de l’animatrice d’un bulletin de nouvelles télévisé, il doit bien y avoir des nouvelles émotives et je voulais savoir ce qui était la pire nouvelle pour elle. Elle m’a dit : “Comme pour tous les parents, lorsqu’une nouvelle concerne des enfants qui sont décédés dans des circonstances pénibles, des enfants qui ont été assassinés par exemple, ça me tord le cœur.”
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Après toutes ces années à la télévision, je lui ai demandé quels sont les gens les plus importants qu’elle a interviewés. Elle m’a dit : “J’ai interviewé des premiers ministres, les gens qui ont du pouvoir, mais ce n’était pas les gens les plus importants pour moi. La personne la plus remarquable a été Albert Jacquard, c’est un humain formidable, il est vraiment hors du commun. J’ai interviewé des gens de Québec que j’ai trouvés extraordinaires même si ce n’était pas des gens connus. J’ai eu des rencontres bouleversantes avec des gens d’ici. Je me suis sentie grandie par ces rencontres parce que j’ai eu le privilège de rencontrer des personnes qui ont pu me parler de leur vision du monde. Ils sont souvent très discrets, très humbles; ce sont eux qui changent le monde bien plus que les élus.” |
Elle a ajouté ceci au sujet des politiciens : “Ils sont difficiles à faire parler et c’est souvent comme cela. C’est très difficile de les faire sortir de leur cassette, dans certains cas c’est comme un match de boxe. Il faut les déstabiliser. Trop de politiciens ne l’ont pas encore compris.”
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Elle a aussi fait de la radio et elle adore ce moyen de communication. Elle a déjà animé 3 émissions par jour dans une petite station. L’été passé, elle a remplacé une animatrice régulière de la radio de Radio-Canada, Catherine Lachaussée, tous les samedis. Selon elle, c’est plus facile à la radio de laisser transparaître notre personnalité, il y a plus de marge de manœuvre et de liberté alors que les bulletins de nouvelles sont très sérieux. |
Le mandat de Radio-Canada, c’est d’aller chercher l’information et de l’analyser, non pas de la commenter. Pour la grippe A-H1N1 par exemple, c’est le devoir de Radio-Canada d’informer le public de la progression de la maladie, des horaires des cliniques, du transport des élèves vers les cliniques, etc. À la Ville de Québec par exemple, bien qu’il n’y ait que deux conseillers dans l’opposition, Radio-Canada va continuer sa couverture de la politique municipale comme avant et ce n’est pas son rôle de devenir l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Québec.
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Julie Drolet est une amoureuse inconditionnelle de la Ville de Québec. Je lui ai demandé quel était son endroit préféré à Québec. Elle m’a répondu sans hésiter : “C’est le Bois-de-Coulonge, un endroit méconnu et sous-utilisé, une des plus belles forêts urbaines qui existent.” Elle a ajouté qu’il y a là des rhododendrons qui ont été plantés il y a plus d’un siècle. Pour elle, toutes les saisons sont belles au Bois-de-Coulonge et elle m’a mentionné à la blague connaître par leur prénom tous les écureuils qui y vivent. Cet endroit fait partie de sa vie, car son grand-père l’y amenait quand elle n’avait que 8 ans afin de faire du ski de randonnée. Elle a ajouté : “J’amène mes enfants au Bois-de-Coulonge même tard en soirée.” Cette photo a été prise en automne dans l'un des sentiers au parc du Bois-de-Coulonge.
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Julie Drolet ne se considère pas comme une grande sportive, mais comme une fille de plein air. Les fins de semaines, c’est important pour elle d’aller marcher dans le bois ou au bord du fleuve, se faisant accompagner par ses enfants, son conjoint et même par le chien de la famille. Elle aime aussi gravir les montagnes, faire du ski de randonnée, du ski alpin, du vélo, mais pour elle le sport le plus extraordinaire, c’est la plongée sous-marine. |
Son projet pour 2010 c’est de retourner prendre une formation pour obtenir ses cartes et recommencer à plonger. Elle a ajouté ceci : “Ça n’exige pas une grande forme physique et dans mon cas, je flotte comme une balle; je dois mettre une ceinture de plomb pour m’aider à caler. J’ai déjà pratiqué ce sport dans les lacs du Québec et de l’Ontario. Comme les lacs du Québec sont très acides et que l’eau est froide, l’endroit idéal pour pratiquer ce sport c’est dans le Sud, car ce n’est pas nécessaire d’aller en profondeur. Dans les mers du Sud, les coraux et les poissons sont extraordinaires.”
Son dernier grand voyage fut dans l’Ouest américain. Elle a visité le Grand Canyon ainsi que les parcs mythiques où les Westerns des années 50 ont été tournés. Le décor change continuellement passant d’un paysage désertique à des chaînes de montagnes. Deux de ses passions étaient réunies, soit le plein air ainsi que le voyage à raison de 16 heures par jour d’un endroit à un autre. Je lui ai demandé de me parler de ses autres voyages et voici ce qu’elle m’a raconté : “Quand j’étais jeune, j’étais très auberge de jeunesse et j’ai visité l’Europe sur le pouce presque sans le sou. Nous avons ici des endroits magnifiques, que ce soit les Maritimes, les Iles-de-la-Madeleine, l’Île-du-Prince-Édouard qui est de toute beauté et les gens sont très charmants. J’ai visité tout le Canada ainsi que les Territoires du Nord-Ouest et je recommencerais. Je ne suis pas très Sud, car je supporte mal la chaleur. Je suis déjà allée en Espagne avec mon conjoint alors qu’il faisait 48 C, je voulais mourir. Je suis profondément nordique."
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À la question quel est le plus bel endroit qui existe, elle m'a répondu ce qui suit : "L’endroit le plus beau pour moi, c’est sans aucun doute le fleuve Saint-Laurent. Nous vivons à côté de l’une des merveilles du monde; les gens devraient prendre le temps de regarder le fleuve. Il est totalement différent d’un secteur à un autre, le lac Saint-Pierre n’a rien à voir avec ce qu’on voit à Montréal ou à Québec. Il faut le regarder quand le soleil se couche, le marcher, entendre craquer ses glaces en hiver, le voir se déchaîner pendant les tempêtes, le voir comme une mer d’huile après le souper. C’est un bijou et on oublie qu’on habite à côté.” Sur cette photo, c'est le fleuve Saint-Laurent près du parc de la plage Jacques-Cartier dans le secteur Sainte-Foy.
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Comme bien d’autres personnes qui travaillent à la télévision, Julie Drolet n’est pas très télé lorsqu’elle revient chez elle en début de soirée. Elle se réserve du temps pour ses deux enfants, un garçon et une fille de 13 et 11 ans. Elle m’a dit qu’elle préfère regarder un bon film DVD enveloppée dans une couverture chaude. Elle se fait un devoir cependant de se nourrir d’informations, que ce soit le bulletin de 22 heures à CBC afin d’avoir une autre vision canadienne, aussi du côté américain sans oublier la concurrence ici au Québec avec TVA. Elle analyse son travail en regardant comme un produit son bulletin de nouvelles sur internet. Elle fait sa propre auto-évaluation.
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Elle n’a pas de plan de carrière, elle ne sait pas où elle sera dans 5 ans, dans 10 ans. Pour elle, tout est ouvert tout le temps. Son rêve de jeune fille étant de faire du développement international, je lui ai demandé si elle se verrait par exemple aller faire un reportage en Afghanistan. Plus jeune, cela aurait été impensable, car avoir des enfants était incontournable pour elle. Dans un avenir plus ou moins lointain, elle ne dirait peut-être pas non.
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En terminant, je lui ai demandé de me parler de ce qu’elle a réussi de mieux dans sa vie. Voici ce qu’elle m’a dit; “Ma plus grande réussite, c’est de voir aujourd’hui la femme heureuse que je suis devenue malgré tout ce que la vie peut m’avoir apporté de petites douleurs, de blessures, de deuil. Je suis consciente d’être une bonne mère pour mes deux enfants qui grandissent bien. J’ai un conjoint extraordinaire et des collègues de travail qui sont devenus des amis personnels. J’ai énormément de bonheur et de plaisir dans ma carrière. J’ai développé cette capacité d’apprécier la chance que j’ai, car ça n’a pas toujours été facile, j’en ai vécu des choses difficiles. Ma capacité au bonheur a grandi. J’ai su garder la possibilité de m’émerveiller. Nous sommes tous responsables du regard que l’on pose sur notre vie.”
Julie Drolet ne sera jamais comme vous et moi, car elle est très connue dans la région de Québec. Quand elle va marcher au Bois-de-Coulonge par exemple, les gens la reconnaissent et vont lui parler. Elle m’a dit : “Les gens m’appellent « madame Julie » et je trouve cela très drôle. Je me sens comme si je rencontrais ma famille élargie, que je rencontrais mes oncles, mes cousins.”
Crédit photos : Studio Steve Bergeron
Normand Bellefeuille
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