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5 ANS SUR UN VOILIER À FAIRE LE TOUR DU MONDE . . . Pierre Legault l’a fait avec sa femme Gita et son fils Jean qui avait 6 ans le jour du départ. . .

Si on devait poser une seule question à quelqu’un qui a parcouru le monde en voilier pendant 5 ans, ce serait la suivante :" Est-ce que vous avez rencontré des tempêtes? " J’ai posé beaucoup d’autres questions à Pierre Legault, mais voici ce qu’il m’a répondu au sujet des tempêtes : « Nous avons affronté une violente tempête qui a duré pas moins de 96 heures avec des vents de plus de 110 km à l’heure et notre bateau s’est complètement couché à deux reprises. Nous étions alors à 1500 km au large de l’Île Maurice. Il faut savoir que la quille d’un voilier est plus lourde que le reste du bateau, ce qui lui permet de se redresser dans moins d’une minute. Ce sont des événements que nous n’oublierons pas du reste de notre vie ».

Qui a dit que la vie débute à 40 ans. C’est l’âge que Pierre Legault avait lorsqu’il s’est embarqué sur son voilier de 38 pieds en compagnie de sa femme Gita et de son fils Jean qui avait alors 6 ans, afin de réaliser un vieux rêve, celui de faire le tour de la terre en voilier. Voici son histoire.

Pierre Legault est né à Jonquière d’un père entrepreneur et d’une mère commerçante. Il a étudié le dessin industriel après quoi il s’est parti une compagnie qui fabriquait des bas-culottes pour dames sous le nom de « Myrtil »; il a eu jusqu’à 60 employés. Il a finalement vendu cette compagnie à des commerçants de Montréal qui ont continué les opérations sous leur nom. Cette photo a été prise au parc Maritime à l'Île d'Orléans. Il renseigne les touristes sur les méthodes de construction de navires.


Son amour pour la voile a commencé au Lac Saint-Jean, près de chez lui. Son premier bateau, c’était un petit quillard (un Bluenose) comme il m’a dit. Il aura eu 5 bateaux dans sa vie, dont celui qu’il a acheté pour son voyage de 5 années autour du globe. Je lui ai demandé pourquoi prendre 5 ans pour un tel voyage. Il m’a répondu ceci :  "Ça prend vraiment 5 ans pour faire le tour du monde en voilier si on veut visiter un peu. Il y a des saisons où on ne peut voyager, dans la saison des ouragans par exemple. En Australie, nous sommes restés 6 mois à cause des ouragans et nous en avons profité pour visiter le pays ". Même s’il était tout neuf, il lui aura fallu 6 mois de travail à plein temps et un investissement d’environ 60 000 $ pour mettre son voilier tout neuf en état de naviguer en haute mer.
C'est la photo du voilier "L'Ami Pierre" , un voilier de 38 pieds, préparé spécialement pour cette croisière autour du monde.


Il a fallu par exemple, ajouter des réservoirs d’eau afin de doubler le volume et ces réservoirs devaient être en « stainless », car si jamais un réservoir contenait de l’eau impropre à la consommation, il fallait pouvoir le vider et le laver. Préparer un bateau pour un tel voyage, c’est prévoir du diesel pour deux mois d’avance afin de pouvoir produire de l’électricité pour faire fonctionner le frigo. Il lui a aussi fallu ajouter deux ancres avec 750 pieds de chaîne et comme il ne voulait pas que les ancres soient sur le pont, il a fallu modifier l’avant du voilier en conséquence. Il a aussi fallu ajouter un régulateur d’allure. Il s’agit d’un pilote automatique qui marche avec le vent afin de ne pas dépenser d’électricité en haute mer. Les moyens de communication n’étaient pas ce qu’ils sont de nos jours. Le seul moyen de communication, c’était un VHF qui permettait des communications avec les autres bateaux à l’intérieur d’un rayon de 40 milles.

C’est un voyage qu’il devait faire à sa retraite, mais il s’est dit qu’il serait alors trop vieux. Ça faisait une quinzaine d’années qu’il lisait les récits de personnes qui avaient fait un tel voyage. Sa femme aimait la voile autant que lui et c’est à deux qu’ils ont pris cette décision. Son fils Jean a embarqué sur un voilier la toute première fois à l’âge d’un mois. Finalement, on s’est dit que ce serait facile de faire l’école à Jean et c’est ce qui a été fait. Un ami de Pierre lui a rendu visite chaque année là où il se trouvait et il lui apportait les manuels scolaires nécessaires. Lorsque l’année était terminée, Pierre les donnait dans une école dans le pays où il se trouvait et il faisait le bonheur des enfants qui n’avaient pas toujours accès à ces livres. À la suite de leur retour, Jean avait la même éducation que les autres enfants de son âge et en plus il avait une connaissance extraordinaire de la géographie, des animaux, des poissons, des coutumes, etc. Pierre Legault a ajouté ceci : « Apprendre la géographie à 5 milles à l’heure, on l’apprend par cœur ».

Quand on part en voilier pour 5 ans, comment fait-on avec les finances personnelles? Tout d’abord, il avait tout vendu, il ne lui restait absolument rien ici. Pendant le voyage, toutes les factures sont réglées avec une carte de crédit. Ça prend quelqu’un ici qui a les autorisations nécessaires pour payer les cartes de crédit. Quand on part en voilier pour 5 ans, est-ce qu’on est 5 ans sans voir les autres membres de sa famille? Il y avait des contacts téléphoniques à l’occasion. Sa femme Gita est venue avec son fils Jean une fois en partance de la Martinique alors qu’ils étaient partis depuis 18 mois.

Pierre m’a raconté son voyage à l’aide d’un globe terrestre. C’est comme s’il m’avait indiqué le chemin à suivre sur une carte routière entre Québec et New York. Ils sont partis au printemps 1985 et sont revenus au printemps 1990. Comme la famille vivait à Montréal depuis quelques années, le voilier était au lac Champlain. Voici maintenant un résumé de ce fantastique voyage autour de la terre en voilier.

 
Du lac Champlain, il a remonté la rivière Hudson jusqu’à New York. Il a alors fait environ 20 milles en mer jusqu’à la Baie du Delaware (c’est un large estuaire au débouché de la rivière Delaware sur la côte est des États-Unis et où eau douce et eau de mer se mélangent sur plusieurs kilomètres). Il a ensuite pris le C & D Canal jusqu’à la baie de Chesapeake (c’est le plus grand estuaire des États-Unis sur la côte est et donne dans l’Atlantique) à la hauteur de Baltimore. Il a ensuite remonté la rivière Potomac (c’est le nom d’une rivière de l’est des États-Unis marquant la limite entre Washington DC et la Virginie) jusqu’à Washington. Ils en ont profité pour visiter la capitale américaine; ils ont visité tous les musées de Washington. Ils prenaient volontairement leur temps, car en s’approchant du Sud, ils voyaient venir la saison des ouragans. À Norfolk en Virginie, ils ont pris l’Intracoastal Waterway (c’est un réseau de canaux et de voies d’eau situé le long du littoral américain. Certaines sections de ce réseau sont des baies, des rivières et des détroits naturels, d’autres ont été aménagées par des hommes) qui leur a permis de se rendre à Miami. Entre Norfolk et Miami, il faut faire ouvrir 135 ponts. Tout au long de ce voyage, ils ont visité Walt Disney, Cap Canaveral et Miami.

C’était déjà l’automne lorsqu’ils se sont dirigés vers les Bahamas (un archipel de 700 îles situées dans l’océan Atlantique). Ils ont en fait passé toute une année à naviguer tout en visitant les Bahamas, les Antilles (un vaste archipel situé dans la mer des Caraïbes formant un arc de cercle s’étendant de Cuba jusqu’au large du Venezuela), Haïti, Trinidad, le Venezuela et bien d’autres pays de cette grande région. C’était important pour eux, car comme m’a dit Pierre : « Il nous fallait faire l’apprentissage de la mer, savoir comment se diriger. Il n’y avait pas de GPS à l’époque; nous utilisions un “Sextant ” (un instrument de navigation permettant de relever la hauteur angulaire d’un astre au dessus de l’horizon). J’avais suivi un cours au Collège Édouard-Montpetit afin d’apprendre à bien utiliser cet instrument et j’ai trouvé cela plutôt facile. Il nous a aussi fallu apprendre à connaître tous les poissons afin de savoir si on pouvait les manger, car il y en a qui mangent des choses empoisonnées et vaut mieux le savoir avant. En mer, il nous arrive de manger du poisson, mais nous avons toujours de la nourriture pour environ deux mois et ça prend beaucoup d’espace; il faut être en mesure de retrouver un produit facilement ».

Le voyage a débuté il y a maintenant 18 mois et Gita et Jean sont maintenant revenus de leur voyage au Québec. Le moment est venu d’entreprendre le grand voyage autour du monde. On se dirige alors vers le canal de Panama et 12 jours plus tard, ce sont les Îles Galápagos (constituent une subdivision de l’Équateur; l’archipel est constitué de 5 grandes îles, 14 moyennes et petites îles et 42 îlots et est situé dans l’océan Pacifique à 965 km des côtes équatoriennes).
Sur la photo, une baignade avec les phoques aux
Galápagos.


Nos voyageurs se dirigent ensuite vers  les îles Marquises (forment un des 5 archipels de la Polynésie française) après 23 jours de mer. Vient ensuite la Polynésie française (ensemble de 5 archipels français situé dans le sud le l’Océan Pacifique à environ 6000 km de l’Australie) qui comprend l’archipel des Tuamotu, une barrière de corail, ainsi que Papeete (une commune de la Polynésie française dont elle est la capitale). Il existe un très grand nombre d’îles dans le Pacifique. Entre ces îles, il y a généralement 3 jours de bateau et une distance de 500-600 milles. La plupart de ces îles sont habitées et d’autres pas. À Tuamotu, il peut y avoir une seule maison sur une île. C’est un endroit dangereux, car c’est une barrière de corail qui peut disparaître à tout moment. Ils ont tous des maisons neuves à la suite à de violentes tempêtes qui ont tout détruit dans le passé.

Sur cette photo, la mairie de Bora Bora, une des îles de l'archipel de la Polynésie française à 260 km de la capitale, Papeete.

L’océan Pacifique, c’est tout un monde, c’est un long voyage de 7000 milles. Le voyage se continue aux Îles Cook (pays de l’océan Pacifique qui est indépendant, mais en libre association avec la Nouvelle-Zélande), aux Îles Tanga, en Nouvelle-Calédonie (un archipel d’Océanie situé dans l’océan Pacifique à 1500 km à l’est de l’Australie et à 2000 km au nord de la Nouvelle-Zélande), en République des Îles Fidji (un pays d’Océanie dans l’océan Pacifique Sud) et enfin en Australie. L’arrivée en Australie correspondait au début de la saison des ouragans. Pierre et sa famille y sont restés 6 mois. Son fils Jean est allé dans une école locale afin d’apprendre l’anglais. Pierre a loué une auto pendant deux mois et la famille s’est rendue jusqu’à Sydney. Ils ont traversé le désert jusqu’à Adelaïde (c’est la 5e ville d’Australie) et ils ont suivi la côte pour revenir à leur point de départ où se trouvait le voilier dans une marina. Pierre n’a pas été inquiet d’y laisser son voilier, cette marina existait depuis une centaine d’années, c’était une marina de luxe. Ils ont parcouru environ 5000 km en Australie et ils ont vu 3 ouragans en même temps.

Un jour, Jean était allé manger chez McDonald avec des amis dans une "land rover" qui a été soulevée par le vent au cours du trajet. Ils ont eu très peur semble-t-il. Ils ont ensuite navigué 3 mois et demi dans le Nord australien jusqu’à Darwin (Darwin est réputée pour être la Ville où il se produit le plus d’éclairs dans le monde).
Sur cette photo, Jean est photographié dans un parc reconnu mondialement à l'intérieur de la barrière de corail australienne.

Darwwin est également la Ville ayant le plus d’accidents dus aux crocodiles qui peuvent atteindre 7 mètres de long et peser près d’une tonne). Ils ont ensuite pris la direction de l’Île Christmas (une île et un territoire extérieur australien situés dans l’océan Indien) près de l’Indonésie pour ensuite naviguer vers les Îles Cocos (un archipel corallien de l’océan Indien), territoire qui appartient à l’Australie. Quand l’Australie reçoit des animaux, ils les mettent en quarantaine à cet endroit. Ce continent possède des animaux qui n’existent nulle part ailleurs et ils en prennent beaucoup soin.


Ils ont ensuite navigué vers l’Île Maurice (autrefois une île de France, au sud-ouest de l’océan Indien entre l'île de la Réunion et l’île Rodrigues). C’est au cours de ce trajet qu’ils ont vécu une terrible tempête et que leur bateau s’est complètement couché. Ce fut une période très éprouvante ces 96 heures. Pierre et  Gita se remplaçaient aux heures pour barrer (la barre est le module de manœuvre du gouvernail) le voilier; ils ne pouvaient dormir. Pierre m’a dit ceci» : « Il y avait des vagues de 50 pieds. Quand tu es dans le trou, ça fait 100 pieds et le bateau a seulement 38 pieds. Lorsque le bateau a chaviré, je me tenais après la roue sous l’eau, ce qui a duré 35-40 secondes. Gita et Jean étaient à l’intérieur en panique ne sachant pas ce qui m’arrivait. Nous avons tout perdu ce qui se trouvait sur le pont dont le BBQ dans lequel étaient rangés mes agrès de pêche. L’avantage de vivre une telle catastrophe, c’est que l’on n’a plus peur de rien après ».

Ils ont ensuite visité l’île Rodrigues (île d’origine volcanique à 560 km de l'île Maurice), l'île de La Réunion (île française du sud-ouest de l’océan Indien à environ 700 km de Madagascar), ainsi que Madagascar (État indépendant situé dans la partie occidentale de l’océan Indien).
Gina, Pierre et Jean sont ici photographiés sur de la lave cordée à l'île de La Réunion dans l'océan Indien.

Ils ne sont restés qu’un mois dans ce territoire, car la saison des ouragans s’en venait. Ils se sont donc dirigés vers l’Afrique du Sud, à Durban.  Il leur fallait traverser le Cap de Bonne-Espérance (un promontoire rocheux sur la côte atlantique de l’Afrique du Sud) qui est très vilain, car il peut y avoir des vents de 200 milles à l’heure. À Durban (une ville de l’Afrique du Sud au bord de l’océan Indien), ils font une réunion pour les internationaux comme eux et ils leur donnent tous les numéros des petites bases d’aviation locales qu’ils contactent au fur et à mesure de leur voyage pour connaître l’heure de la prochaine tempête.

Sur cette photo, c'est Gita lors d'une marche de 40 kilomètres à 11 000 pieds d'altitude à l'Île de la Réunion dans l'océan Indien.

Ils sont arrivés à Le Cap (Cape Town) avant la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, mais des changements de mentalités étaient déjà perceptibles. Ils ont été bien accueillis par les noirs; par contre, les douaniers blancs les voyaient d’un mauvais œil probablement à cause du blocus économique dont le Canada était un fervent défenseur. Ils sont restés 4 mois en Afrique du Sud dont un mois passé dans un parc safari d’une longueur de 1000 milles.
Sur la photo, une hutte au parc Kruger en Afrique du Sud.


Dans ce parc, il y a un camp à tous les 50 km qu’il est possible de louer. Quel enfant du Québec n’aimerait pas passer un mois avec des éléphants, des tigres, des lions, etc. Toujours en Afrique du Sud, ils ont visité la vallée des vins. Ils ont trouvé le climat magnifique, 20 C avec un beau soleil. Pierre m’a dit qu’il y a des singes en liberté partout. À Le Cap, il y a une grosse montagne et le vent descend la montagne à 100 milles à l’heure tout le temps. En voilier, il faut vraiment longer la côte de très près, ce qui permet de passer sous le vent, sinon il vous retourne en mer.

De l’Afrique du Sud, ils ont mis le cap sur Salvador de Bahia au Brésil, un trajet qui a duré 28 jours, la route la plus longue de leur voyage. Ils auraient pu s’arrêter à l’île Sainte-Hélène (île volcanique située au milieu de l’Atlantique qui est connue comme le lieu d’emprisonnement de Napoléon de 1815 à sa mort le 5 mai 1821), mais ils ne l’ont pas fait. Au Brésil, ils sont aussi allés à Recife (9e ville du Brésil fondée en 1537). Ils ont ensuite mis le cap vers La Martinique. Pierre voulait retourner manger du boudin créole (boudin rouge très épicé). Paraît-il que c’est vraiment délicieux. Le voyage tirait déjà à sa fin. Ils ont ensuite remonté l’Atlantique jusqu’à New York où ils se sont dirigés vers la Baie de Chesapeake. Ils y ont laissé le bateau toute une année et ils sont retournés vivre au Saguenay. Pierre est retourné chercher son voilier un an plus tard et il l’a amené au Saguenay. Il l’a vendu au bout de 7 ans.

Cette photo a été prise à l'occasion du concours annuel des meilleures écoles de danse de la Polynésie française à Papeete.

Jean qui a maintenant 30 ans dit que c’est la plus belle université qu’il a fréquentée. Qui a dit que les voyages forment la jeunesse? Tous ces gens qu’ils ont croisés sur leur route par exemple. Pierre m’a dit ceci : « Quand tu arrives dans un nouveau pays, tu n’y connais rien. Comme tu es dans un port, tu vas voir les gars de bateau, qu’ils soient russes, chinois, tu trouves toujours quelqu’un qui parle un petit peu anglais. Tu l’invites à un 5 à 7, tu lui sers un petit rhum et il te raconte sa vie et il te donne des informations sur le pays ». Quand on fait le tour du monde en voilier, comment on fait pour avoir le droit de visiter un pays? Pierre a répondu à cette question : « Quand tu es dans un pays, tu vas à l’ambassade du prochain pays à visiter et tu leur dis être canadien, être en bateau et vouloir visiter leur pays en compagnie de ta femme et de ton fils. Tu leur demandes combien de temps on peut rester, combien ça coûte, à quel port il faut arriver. Quand tu arrives dans ce pays, tu dois mettre le drapeau de ce pays et quand tu n’as pas passé les douanes, tu mets un drapeau jaune par-dessus. Quand tu as passé les douanes, tu mets le drapeau jaune en dessous du drapeau du pays. »

Je lui ai demandé s’ils avaient rencontré des pirates. Il m’a dit que près du Brésil, un bateau suspect les a suivis pendant 4 jours. Il a ajouté ceci : « Un Australien m’avait donné quelques bâtons de dynamite. En pleine nuit, j’en ai lancé un en avant de ce bateau. Avec l’éclairage lors de l’explosion et avec le bruit, ce bateau est parti à notre grand soulagement. » Entre Darwin et l’Indonésie, c’était dangereux à cause de la présence possible de pirates. Comme on me l’a suggéré, je me suis abonné à une course de voiliers qui était suivie par des hélicoptères et nous n’avons pas eu de problème.

Cette photo a été prise aux Îles Tonga lors de la cuisson d'un cochonnet avec des fruits.


Faire le tour du monde en voilier, ce n’est pas nécessairement des vacances. À chaque étape du voyage, il y avait toujours 35-40 réparations à effectuer sur le bateau. Tu travailles tout le temps. Un jour, nous venions de laver notre linge et un 30 litres de diesel s’est vidé dans le bateau se répandant un peu partout dans les tiroirs. Imaginez les dégâts.

Son fils garde un excellent souvenir de ce voyage. Ce qui lui a manqué, c’est l’impossibilité de garder longtemps les amis qu’il se faisait dans différents pays. À son retour, il s’est vite rendu compte que ça ne donnait rien de parler de son voyage de 5 ans en mer, surtout au secondaire, car on ne le croyait tout simplement pas. Aujourd’hui, il a 30 ans; après avoir étudié en Commerce, il est distributeur à Québec pour les photocopieurs Canon.

Gita pour sa part travaille dans le monde des assurances et elle doit prendre sa retraite dans 4 ans. Elle parle souvent de repartir, mais pas pour le même genre de voyage. Ce serait plutôt sur un plus petit bateau en Europe dans les canaux qui traversent différents pays. Tu mets deux vélos sur le voilier, il n’y a pas de vagues, selon les dires de Pierre.

Pierre pour sa part a travaillé pour Canon suite à son retour. Il a maintenant 64 ans. Je l’ai rencontré au Parc Maritime de Saint-Laurent à l’île d’Orléans où il travaille à La Chalouperie afin de renseigner les touristes sur les méthodes de construction de navires. Il répare une chaloupe par année au fil du temps en présence de touristes qui s’intéressent de près à l’histoire de cet ex-chantier maritime.

Crédit-photos : Pierre Legault
Normand Bellefeuille
Normand Bellefeuille

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